La Maison Jaffran

4 chambres d’hôtes à Berzème
dans une maison atypique, d'époque Napoléon III

La mystérieuse Dame de Chancolant

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La mystérieuse Dame de Chancolant

Au début du printemps 1871, Eugène de Villedieu rencontre la dame de Chancolant ainsi surnommée.

Tous deux sont passagers du train qui arrive en gare de Saint-Jean le Centenier.
Leurs cochers les attendent.
Le petit train à vapeur est en provenance de la Vallée du Rhône, de la ville du Teil précisément, il a un peu de retard.
Baptiste, le cocher de monsieur de Villedieu engage la conversation avec Firmin. Ils se connaissent bien, ils habitent Taverne ce hameau à mi chemin de la Borie de Chancolant et du village de Berzème.

Cependant jusqu’à ce jour de printemps, Eugène de Villedieu n’a jamais rencontré la dame. Le retard du train et les deux cochers vont réparer cet accroc dans la trame de l’histoire.

Il faut dire que son arrivée sur le plateau du Coiron est très récente, son mari a acquis un grand domaine avec une imposante ferme. Sur un terrain orienté vers le sud et contigu à la ferme, il a fait édifier une grande demeure pour venir y passer les mois chauds du printemps et de l’été.

La demeure ne correspond en rien à ce qui est habituellement construit sur le plateau : plus vaste, plus élevée avec sa toiture en ardoise, … Les habitants des alentours la nomment aussitôt « le château ».
Rien d’ostentatoire cependant, de grandes pièces avec de grandes fenêtres pour laisser rentrer le bon air du Coiron, pour apprécier la légèreté de l’été si lourd dans la vallée. Toute la maisonnée apprécie ce changement de vie. Autre rythme, autre climat, autres odeurs.

La vie s’écoule paisible et sereine à la Borie de Chancolant.
Les gens de maison s’affairent… tranquillement, tandis que les maîtres de maison, à l’ombre des sycomores au bas du perron, papotent en gardant un œil attentif sur les enfants qui jouent.
Seules les clochettes des brebis troublent cette quiétude. Les bergers les conduisent d’une pâture à l’autre par de petits chemins qui quadrillent l’étendue du plateau.

Parfois une autre clochette rompt le silence. Elle annonce un visiteur à la grille du parc.
C’est souvent Eugène de Villedieu. Depuis leur rencontre fortuite à la gare de Saint-Jean, ses visites sont fréquentes à la Borie de Chancolant.
Il vient à pied de Berzème, par les petits chemins qui séparent les prés.
Il apporte des nouvelles « fraîches » et vient vérifier la croissance des arbres qu’il a offerts à la Dame de Chancolant.
Le parc de la Borie, trop sauvage à ses yeux, a bénéficié de ses conseils éclairés : séquoias et cèdres sont venus en renfort des espèces endémiques.
Monsieur de Villedieu, sous préfet en résidence à Berzème, est en effet passionné de botanique mais aussi de poésie.
Les sujets de discussion ne manquent pas, la détermination de Monsieur de Villedieu à faire pousser ici des arbres bien exotiques amuse beaucoup la Dame de Chancolant. Sa grande connaissance de la poésie l’émeut.

Aujourd’hui l’atmosphère est fiévreuse à la Borie ; décision a été prise de se rendre à Vals-les-bains le lendemain.
Quand on habite Berzème c’est une aventure !
Cependant l’attirance pour la ville est telle que la Dame de Chancolant fait fi de ses craintes.

Depuis peu Vals a changé de visage.
Le parc récemment créé compte plus de trois cents arbres d’essences variées et parfois inconnues.
Ses allées invitent à la promenade, ombrelles et capelines y rivalisent d’élégance. C’est l’endroit où il convient de se montrer.
Il en est de même pour le Grand Hôtel des Bains, édifié il y a une dizaine d’années. Ses terrasses accueillent la bonne société ; il est de bon ton d’y prendre un rafraîchissement avant d’aller s’exclamer devant la source intermittente.

Un brin de détente dans la campagne ardéchoise